EDITO

Jusqu’à quand ?

Avec une moyenne de dix morts et plus de 300 blessés par jour, l’hécatombe sur nos routes continue de plus belle. Ainsi et après la relative accalmie observée les deux dernières années et expliquée par la pandémie du Covid, la situation connaît une dangereuse pente ascendante qui interroge au plus haut point.
Il n’y a pas un jour qui passe sans que des dizaines de familles ne soient endeuillées par la mort de l’un des leurs sur les routes du pays, qui sont devenues, pour notre malheur, des tombeaux à ciel ouvert qui n’ont pas fini d’engloutir des vies humaines à n’en pas finir.
Et face à cela, on semble se plier à une fatalité qui pourtant n’a pas lieu d’être, car ailleurs dans d’autres pays et avec des parcs automobiles beaucoup plus importants, on a réussi à juguler le phénomène, avec un strict respect de la loi. Un respect des lois qui, à voir ce qui se passe sur nos routes, ne fait pas partie du logiciel d’une bonne partie des chauffeurs algériens .
Aucun respect du code de la route n’est observé. Tout le monde se comporte comme si on était dans une jungle, avec un seul slogan «tag ala men tag». Ainsi on dépasse allègrement sur le côté droit. On piétine les bandes jaunes sans retenue. La limitation de vitesse et ses plaques sont magistralement ignorées . Et la nouveauté cette année, c’est cette conduite à une main avec une vitesse dépassant les 100 km/heure. Et dire que dans les auto-écoles tout le monde s’est vu répéter, que non seulement il faut tenir le volant des deux mains, mais surtout avec une position de 9h 10′ ou 9h 15′.
Des recommandations qui paraissent presque risibles quand on voit le rallye qui se pratique sur les routes algériennes, qui sont devenues les lieux d’incivilité par excellence, où tout le monde s’insulte et se crache dessus.
Une banalité qui interroge sérieusement, et qui pousse à faire des accidents de la route une priorité nationale. Car les choses en sont arrivées à un stade de déliquescence insupportable, qui coûte chaque année des milliers de vies, mais aussi des milliards de dinars. Et on ne peut plus se taire plus que celà, car toutes les limites semblent avoir été dépassées. Faut-il attendre plus que ça pour enfin réagir, alors que la situation est déjà plus que dramatique. Où faut-il invoquer encore et toujours le fatalisme et el mektoub face à cette hécatombe qui n’en fini pas.
Par Abdelmadjid Blidi

 

Articles similaires

Voir Aussi
Fermer
Bouton retour en haut de la page